KikouBlog de francois 91410 - Mars 2010
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Archives Mars 2010

L'abattis de Peter

Par francois 91410 - 24-03-2010 22:19:32 - 5 commentaires

L’abattis de Peter
Apatou, Guyane

25 février 2010  

 

 

Ce jeudi soir, vers 16h, Manuelle (ma belle-sœur installée à Apatou), nous a convié à découvrir un abattis traditionnel : celui de Peter, bushinengé dans l’âme et le geste.L’endroit se trouve à 1 heure de marche du village (pour des métros comme nous), à 45 minutes pour lui … 

L’abattis est une tradition encore très fortement ancrée dans ces régions ; c’est un moyen de subsistance pour la famille, et de revenus pour certains, les produits issus de la parcelle étant ensuite destinés à la vente.

 

 

Les chaussures de rando ou les bottes sont chaussées. C’est parti ! 

Les premiers hectomètres sont parcourus à belle allure sous une chaleur accablante : en ce début de soirée guyanaise, la température ambiante reste chaude, 32°C a priori ; l’humidité équatoriale est palpable, et quelques averses ne manqueront pas de nous apporter un semblant de rafraîchissement, éphémère.

 

 

 

 

Après une portion à découvert, nous pénétrons dans le « sous-bois », dans lequel des armées de fourmis rouges (de taille très respectables) s’autorise à traverser le sentier que nous empruntons. 

 

Après un bon quart d’heure, nous débouchons sur quelques parcelles d’abattis, et sur une platine de cuisson de manioc. Cette plante reste l’aliment de base pour de nombreuses familles. La transformation de ses racines en couac (sorte de semoule grossière) est une opération longue et délicate. 

 

 

 

Nous improvisons une pause bienvenue sous l’abri afin de s’hydrater et de récupérer un peu. Mais il ne faut pas tarder, le temps doit être compté car il sera hors de question d’effectuer le trajet retour au crépuscule, pire de nuit… il faut toujours voir où l’on met les pieds ici… 

Nous devons maintenant franchir une crique. Si Peter a l’art de franchir le cours d’eau sans quasiment se mouiller, passant successivement sur deux ou trois troncs d’arbre, il n’en est pas de même pour nous, qui finissons avec de l’eau jusqu’aux cuisses …

 

 

 

La fin du parcours s’effectue en pleine forêt équatoriale. De suite, la lumière devient pénombre. Peter nous demande de suivre sa trace et de ne pas improviser d’autre sentier. La forêt me captive, oppressante, grandiose, excessive, exubérante… On se sent très humble face à la masse végétale, où l’on devine quelques bestioles probablement embusquées et qu’il ne faudra pas déranger …  

  

Après dans cette immensité, enfin le jour réapparaît : nous sommes arrivés sur l’abattis de Peter.

Il s’agit d’une immense parcelle, 2 ou 3 ha au moins, où il a abattu les arbres pour planter les espèces les plus intéressantes en vue d’en faire commerce dans un an ou deux : manioc, bananiers, piments, citronniers, ananas,...

 

  

 

 

 

 

La visite se poursuit, montrant à quelle vitesse les plantes poussent ici. Un succès garanti du fait du climat certes, mais aussi par le fit que Peter n’a pas brûlé les arbres abattus comme la majorité font, mais laisse pourrir la matière végétale pour créer de l’humus. Il nous explique par exemple qu’un bananier produit son premier régime au bout d’un an…  

 

Après une courte pause sous le carbet, il est 18 heures, il est grand temps de repartir.

 

Le chemin du retour se fera plus rapidement qu’à aller. La lumière tombe assez rapidement.  

 

Peter ouvre toujours la marche pour assurer le groupe. Je suis juste derrière lui lorsqu’à mi-parcours, j’aperçois un serpent rouge qui traverse le chemin entre nous deux. Il ne l’avait pas vu.

Immédiatement alerté, il nous fait reculer et sans un mot, se saisit au fond de son sac d’une petite bouteille plastique rempli d’un liquide jaunâtre et dont le bouchon est percé, puis à bout de bras se met à asperger généreusement le reptile, qui ralentit pour finir immobilisé. 

 

Grosse émotion. La scène aura bien duré 1 très longue minute. Peter finit par trouver les mots et nous explique qu’il s’agit d’un « serpent améridien » - inutile de dire que sa morsure eût été grave. Les bushinengé craignent plus que tout les serpents, quels qu’ils soient. Ce qui explique ce réflexe de sauvegarde qui consiste à d’abord tuer le serpent, et ensuite réfléchir. 

 

Le liquide employé était de l’essence, très nocif pour les serpents…  

« C’est mon fusil » déclara Peter une fois remis de ses émotions. 

On aura pas fait le voyage pour rien …

 

 

 

 

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Combe de Zore

Par francois 91410 - 20-03-2010 23:51:59 - 5 commentaires

Combe de Zore

18 mars 2010   

 

Après deux semaines passées en Guyane et Martinique à plus de 30°C, le retour en métropole en températures négatives la semaine dernière fut un peu brutal.

Heureusement, le groupe pour lequel je travaille m’a convié cette semaine à un séminaire à Avoriaz. En gros : ski ou autre le matin et réunions l’après-midi. On a connu des conditions de travail plus difficiles…  

Séquence « Découverte » aujourd’hui : première sortie en raquettes, avec découverte de l’écosystème alpin.  

   

Départ en navette d’Avoriaz pour rejoindre le haut de la combe de Zore, Franck, notre guide, nous confie notre équipement : 

   

Les premiers contacts avec la neige sont timides ; la neige est bien glacée. Mais rapidement, la marche devient naturelle.

 

 

 

Il n’a pas neigé ici depuis deux semaines ; nous suivons la trace formée par les randonneurs précédents. Malgré tout, plusieurs passages nous permettent de fouler des terrains vierges, et de la neige plus souple. 

Beauté sauvage immaculée, qui s’évanouit après notre passage.Le terrain n’est pas difficile, bien que plusieurs secteurs en pleine pente ou plus pentus demande un peu plus d’attention et d’énergie.    Halte pour observer des chamois, que le printemps naissant encourage à faire sortir pour trouver de la nourriture telle que des baies de sorbier, désormais accessibles avec le début de la fonte.  

  

Puis passage en sous-bois pour une progression plus confidentielle.

Franck nous décrypte plusieurs types d’empreintes laissées par les animaux :   

Coq de Bruyère  

   

Renard  

  

Lièvre   

   

Chamois   

Puis observation de collemboles, puces omniprésentes sur ces massifs :  

La Nature nous gratifie d’un spectacle souvent magnifique, pour peu qu’on y prête un œil patient et curieux : 

    

 

  

Le retour recroisera la piste de ski de fond avant de nous replonger à regrets dans le brouhaha de la station : fin d’une initiation de 3h qui appelle d’autres expériences passionnantes.

 

 

 

 

 

 

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Montagne Pelée

Par francois 91410 - 13-03-2010 22:51:29 - 5 commentaires


Ascension de la Montagne Pelée, Martinique


03 mars 2010

 

   

Vue depuis Morne-Rouge

 

 

Durant mes vacances sans running en Martinique, j’ai tout de même craqué et ai chaussé mes chaussures de rando pour une après-midi de découverte sur les pentes de la Montagne Pelée.

 

Le sommet du volcan, culminant à 1397m, est souvent dans la brume ou les nuages. 

Il s’agit d’un volcan en activité dont la dernière éruption remonte à 1929. La plus désastreuse s’est produite le 8 mai 1902. Une nuée ardente s’abattit sur Saint Pierre, capitale de la Martinique à l’époque, et fit 28000 morts. Seuls 2 habitants survécurent, dont le fameux Cyparis, prisonnier enfermé dans un cachot au moment de la catastrophe.

       

Le cachot de Cyparis

Le départ de la rando se fait au pied du premier refuge.   Le sentier sur la première partie de l’ascension est aménagé en escaliers, dont les marches irrégulières sont hautes et profondes. 

  

A deux reprises, deux niches au bord du chemin me rappelle que les martiniquais sont très croyants : 

 

La pente reste raide et la température en cette fin de matinée (30 à 32°C) contraint à faire quelques pauses pour reprendre son souffle. 

Les marches sont maintenant taillées dans la paroi : 

  

Un passage sur la crête de l’Aileron permet d’avoir une vue panoramique à 360° de la côte Atlantique à la côte Caraïbes. 

    

  

En un peu plus d’une heure, juste après la station de relevé sismique, j’atteins le deuxième refuge (qui n’en a que le nom), fouetté par un vent violent.

 

   

 

Une bonne partie des randonneurs arrêtera là. Nous sommes une poignée d’aventuriers à repartir pour aller au but final, le sommet.

Ca commence par une descente vertigineuse et bien technique ...  

    

 

... jusqu’au bas de la ravine :  

  

Quelques fougères arborescentes nous rappellent que nous ne sommes pas en forêt de Rambouillet…  

  

Dans cette partie du parcours, le sentier n’est plus qu’un passage brut au milieu des roches, vestiges des dernières éruptions : les cônes de magma refroidis se sont écroulés et ont ainsi formé ce chaos de rochers :  

   

Le sommet approche. La végétation a changé. Je repère notamment des ananas-montagne (endémiques) :

 

 

 

ainsi que d’autres espèces étonnantes :   

  

Les rochers alternent avec des fourrés et des tourbières riches en mousses et en broméliacées.

 

 

 

 

 

Une courte pause sur le cône de 1902 ; nous ne sommes que 3 ou 4 irréductibles, un grand silence règne autour de nous. Pas un son de modernité.  

  

Le troisième et dernier refuge est atteint ; il reste 30 minutes d’ascension jusqu’au Chinois. Nous ne tarderons pas sur le sommet, le cône de 1929 ; un vent fort et frais nous en dissuade…   

  

La descente s’effectuera à bon rythme. Il fait chaud et faim jusqu’au point de départ.

 

3h35’ d’effort pour 7 petits km et environ 7-800m de dénivelé : une bonne séance.                     

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Misère et richesse

Par francois 91410 - 11-03-2010 22:47:56 - 6 commentaires

Une vrai richesse
dans une misère totale

10 mars 2010

 

Suite à un nouveau lumbago, le diagnostic ne s’est pas fait attendre : hernie discale naissante. Ca calme.

Donc cela fait 5 semaines que je n’ai pas chaussé mes runnings, et quasiment déserté Kikouroù par la même occasion.

Une misère totale.

Heureusement, deux semaines de vacances au bout du monde – Guyane et Martinique – m’ont permis de m’évader et de faire de belles découvertes…

Une vraie richesse :

 

En pirogue sur le Maroni - vers le Saut Hermina, entre Guyane et Surinam

Incursion en forêt équatoriale - Apatou, Guyane 

 

Rencontre avec un paresseux - Galibi, Surinam   

 

Plage de Ste Anne, Martinique 

  

Au cours de l'ascension de la Montagne Pelée, Martinique

 

     Suite au prochain billet…

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